Un cheval de Troie est un malware qui se fait passer pour un programme légitime. Il ne se réplique pas et ne s'installe jamais seul : quelqu'un doit l'exécuter. Ce guide présente sa définition, sa différence avec un virus et un ver, son fonctionnement, ses types courants, les méthodes de détection et de protection, et la façon dont il arrive réellement sur un poste en entreprise.
Points clés
- Un cheval de Troie se fait passer pour un programme légitime et ne se réplique pas : il doit être exécuté par quelqu'un.
- Contrairement à un virus ou à un ver, il n'infecte pas d'autres fichiers et ne se propage pas seul sur le réseau.
- Il sert de porte d'entrée : vol d'identifiants, accès à distance, installation de rançongiciels ou de spywares.
- En entreprise, la persuasion fait l'attaque : les leurres ClickFix arrivent en tête des techniques d'accès initial (47 %), devant le phishing (35 %).
Qu'est-ce qu'un cheval de Troie ?
Un cheval de Troie est un type de malware (logiciel malveillant) qui se déguise en programme légitime ou inoffensif. Une fois installé sur votre système, il permet à des cybercriminels d'accéder à votre appareil, de le contrôler ou de l'endommager sans que vous vous en rendiez compte. Le terme "cheval de Troie" provient de l'histoire grecque où des soldats se cachaient dans un cheval en bois pour infiltrer la ville de Troie, cachant ainsi leurs intentions derrière une apparence inoffensive.
Contrairement à d'autres types de malware, comme les virus ou les vers, les chevaux de Troie ne se répliquent pas eux-mêmes. Ils comptent sur l'utilisateur pour les télécharger ou les exécuter.
Cheval de Troie, virus ou ver : quelle différence ?
Les trois sont des malwares, mais ils ne se diffusent pas de la même façon. Le cheval de Troie ne se réplique pas : il se fait passer pour un programme légitime et attend d'être exécuté. Pour le détail du fonctionnement d'un virus, consultez notre ressource sur le virus informatique.
| Cheval de Troie | Virus | Ver | |
|---|---|---|---|
| Se réplique seul | Non | Oui, en infectant d'autres fichiers | Oui, en se propageant sur le réseau |
| Nécessite une action de l'utilisateur | Oui, il doit être exécuté | Oui, le fichier hôte doit être ouvert | Non, une fois lancé |
| Mode de dissimulation | Se fait passer pour un programme légitime | S'attache à un fichier existant | Programme autonome |
Comment fonctionne un cheval de Troie ?
Les chevaux de Troie arrivent souvent sur l'ordinateur d'une victime via une méthode appelée ingénierie sociale. Ils peuvent être intégrés dans des pièces jointes d'emails, accompagnés de téléchargements gratuits ou présentés sous forme de fausses mises à jour. Une fois le cheval de Troie installé, il peut :
- Voler des informations sensibles : Les chevaux de Troie peuvent surveiller vos frappes, mots de passe et numéros de carte de crédit, et les envoyer aux attaquants.
- Créer une porte dérobée : Certains chevaux de Troie installent une "porte dérobée" permettant aux pirates d'accéder et de contrôler votre système à distance.
- Installer d'autres malwares : Les chevaux de Troie peuvent être utilisés pour télécharger et installer d'autres logiciels malveillants comme des rançongiciels ou des spywares.
- Désactiver les logiciels antivirus : Certains chevaux de Troie désactivent votre logiciel de sécurité, rendant votre système encore plus vulnérable.
Comment un cheval de Troie arrive-t-il sur un poste ?
Un cheval de Troie ne s'installe pas seul. Par définition, il faut que quelqu'un l'exécute : sa diffusion relève de la persuasion, pas de la technique.
La méthode aujourd'hui dominante ne passe même pas par un fichier. Microsoft place les leurres ClickFix en tête des techniques d'accès initial, à 47 %, devant le phishing à 35 %. L'utilisateur est amené à coller et exécuter lui-même une commande : aucune pièce jointe à analyser, aucun téléchargement à bloquer.
Les autres voies sont tout aussi humaines : une pièce jointe ouverte parce que la facture semblait authentique, une macro activée parce que le document le demandait, un outil de prise en main à distance lancé parce que l'appelant se présentait comme le help desk. Google attribue 23 % des compromissions cloud à des appels de vishing qui se terminent exactement par ce type de demande.
La protection des postes traite ce qu'elle reconnaît. Le risque résiduel, c'est le moment où quelqu'un est convaincu d'agir, et ce moment se mesure.
Types de Chevaux de Troie
Il existe différents types de chevaux de Troie, chacun conçu pour des objectifs spécifiques. Voici quelques-uns des plus courants :
1. Cheval de Troie Backdoor (Porte dérobée)
Un cheval de Troie backdoor permet aux cybercriminels de prendre le contrôle à distance de votre ordinateur. Il contourne les mécanismes d'authentification habituels et peut être utilisé pour voler des données, installer d'autres malwares ou intégrer votre ordinateur à un botnet.
2. Cheval de Troie Bancaire
Ce type de cheval de Troie cible les informations bancaires et financières. Il est souvent conçu pour voler les identifiants de connexion des services bancaires en ligne ou des systèmes de paiement, conduisant à des vols financiers.
3. Cheval de Troie d'Accès à Distance (RAT)
Un RAT offre aux attaquants un contrôle total sur le système de la victime. Ils peuvent exécuter des commandes, accéder aux fichiers et même utiliser la caméra ou le microphone de l'ordinateur sans être détectés.
4. Cheval de Troie Downloader
Les chevaux de Troie downloader sont conçus pour télécharger d'autres logiciels malveillants sur l'ordinateur infecté, généralement des virus ou des rançongiciels.
5. Cheval de Troie Espion (Spyware)
Les chevaux de Troie espions surveillent vos activités, souvent en enregistrant vos frappes ou en suivant votre historique de navigation pour collecter des informations sensibles comme vos mots de passe ou vos identifiants personnels. Pour aller plus loin, consultez notre ressource sur les spywares.
Comment Détecter et Éliminer un Cheval de Troie
Il peut être difficile de détecter un cheval de Troie, car il fonctionne souvent en arrière-plan sans se faire remarquer. Cependant, certains signes peuvent indiquer une infection :
- Ralentissements inattendus du système
- Pop-ups ou publicités inhabituelles
- Plantages fréquents ou programmes non réactifs
- Programmes inconnus s'exécutant en arrière-plan
- Accès non autorisé à des fichiers ou changements dans les paramètres
Pour supprimer un cheval de Troie, suivez ces étapes :
- Déconnectez-vous d'Internet : Cela limite la capacité du cheval de Troie à communiquer avec son serveur de commande ou à télécharger d'autres malwares.
- Passez en mode sans échec : Le démarrage en mode sans échec permet de désactiver les programmes inutiles, y compris la plupart des malwares.
- Effectuez une analyse complète du système : Utilisez un antivirus ou un anti-malware fiable pour effectuer une analyse approfondie et supprimer toute menace détectée.
- Vérifiez les programmes installés : Inspectez manuellement vos programmes installés et supprimez tout logiciel suspect.
- Changez vos mots de passe : Après avoir supprimé le cheval de Troie, changez tous vos mots de passe, notamment pour les comptes sensibles comme les emails, la banque et les réseaux sociaux.
Comment Se Protéger des Chevaux de Troie
Prévenir une infection par un cheval de Troie est souvent plus facile que de l'éliminer. Voici quelques bonnes pratiques pour protéger vos appareils :
1. Installez un Logiciel Antivirus Fiable
Utilisez un antivirus de confiance capable de détecter et de supprimer une large gamme de malwares, y compris les chevaux de Troie. Assurez-vous que votre antivirus est configuré pour se mettre à jour automatiquement et effectuer des analyses régulières.
2. Évitez les Téléchargements Suspects
Ne téléchargez des logiciels que depuis des sources officielles ou des sites de confiance. Évitez les logiciels piratés, qui sont une source courante de chevaux de Troie.
3. Soyez Prudent avec les Pièces Jointes d'Emails
Les cybercriminels utilisent souvent des emails de phishing pour propager des chevaux de Troie. Méfiez-vous des pièces jointes ou des liens non sollicités, surtout s'ils semblent hors de contexte.
4. Mettez à Jour vos Logiciels Régulièrement
Les logiciels obsolètes peuvent présenter des vulnérabilités que les chevaux de Troie exploitent. Assurez-vous que votre système d'exploitation, votre navigateur et vos autres applications sont à jour avec les derniers correctifs de sécurité.
5. Utilisez des Pare-feu
Les pare-feu peuvent bloquer les accès non autorisés à votre système. Il est recommandé d'utiliser à la fois un pare-feu matériel (via votre routeur) et un pare-feu logiciel (via votre système d'exploitation).
Exemples Réels d'Attaques par Chevaux de Troie
Voici quelques exemples notables d'attaques par chevaux de Troie :
- Zeus Trojan : Un cheval de Troie bancaire notoire utilisé pour voler des millions de dollars en capturant les identifiants des utilisateurs des services bancaires en ligne.
- Emotet : À l'origine un cheval de Troie bancaire, Emotet a évolué pour devenir un outil puissant de distribution de malwares, souvent utilisé pour propager des rançongiciels.
- SpyEye : Similaire à Zeus, SpyEye a été conçu pour voler des informations bancaires en s'insérant dans le navigateur web de l'utilisateur.
Conclusion
Un cheval de Troie est l'une des formes les plus dangereuses et les plus trompeuses de malware, car il se présente comme quelque chose de sûr ou d'utile. Comprendre les risques associés aux chevaux de Troie et savoir comment les prévenir et les éliminer est crucial pour protéger vos données et vos appareils.
En restant informé et en suivant les bonnes pratiques de cybersécurité, vous pouvez minimiser les risques d'être victime d'un cheval de Troie.
Un malware a besoin de quelqu'un pour l'exécuter
Votre antivirus repère les fichiers connus. Il ne repère pas un collaborateur convaincu de coller une commande. Mesurez comment vos équipes réagissent à cette demande, avec la simulation de phishing.